27 novembre 2018

Histoires de Perles : Rébellion de mes ancêtres, une exposition de l’artiste autochtone Jobena Petonoquot

Une exposition présentée à la Maison du Conseil des arts de Montréal jusqu’au 15 janvier 2019, de 9:00 à 17:00 du lundi au vendredi.

Jobena Petonoquot : histoires de perles – essai de Lori Beavis

« Le perlage est un art qui a son rituel. On commence par disposer tous les fils pour révéler les couleurs, à la façon d’un arc-en-ciel. Ils doivent être un peu plus longs que le bras, mais pas trop pour éviter qu’ils ne s’emmêlent. On enroule le fil autour de l’aiguille qu’on insère ensuite dans la première perle, après quoi on fait un nœud et on coupe le petit bout. Il faut mettre une quantité de perles sur un linge et tenir l’aiguille selon un léger angle pour prendre d’une seule fois une ou plusieurs perles – elles glissent alors le long du fil et se placent selon le motif choisi. Les perles peuvent être cousues séparément ou en tas.

Le perlage est censé être un art transmis par les grands-mères ou les tantes, ce qui n’est pas le cas de Jobena Petonoquot – son aïeule ayant trop à faire et n’étant aucunement intéressée par la couture, elle s’y est mise à 25 ans et a appris par elle-même les motifs et techniques. Elle raconte qu’après avoir pris la décision, elle s’est aussitôt mise à la tâche. Elle retrouve à présent dans son travail la marque de son héritage – un peu d’Algonquin et de Naskapi, et un soupçon d’Eurocanadien de l’époque victorienne. Les perles qu’elle coud sous forme de motifs sont une façon d’immortaliser les souvenirs et histoires de famille qu’elle a entendus toute sa vie, et l’aident à exprimer ceux qu’elle garde en elle-même. Étant donné qu’elle ne parle pas algonquin, mis à part quelques mots d’Anishinaabemowin, les perles et son art lui permettent néanmoins de s’exprimer dans cette langue.

[…]

En tant qu’artiste autochtone, Jobena Petonoquot s’intéresse à la façon dont les actes déterminent la survie des Autochtones. Elle crée des œuvres qui, l’espère-t-elle, vont susciter un dialogue qui poussera ceux qui les découvrent à en apprendre davantage sur l’histoire et le vécu des Autochtones du Canada, car son travail raconte plus fidèlement le passé de ce pays comme terre colonisée où la présence autochtone se perpétue, tout en démontrant l’importance des récits passés, des histoires de famille, des connaissances et du savoir-faire qui se transmettent d’une génération à l’autre. »